managementhebdo

Vague de démissions et « quiet quitting » : attention au turn-over



Vendredi 19 Août 2022 - 13:14

La « Grande démission » a frappé les États-Unis au lendemain de la crise de la Covid-19, sur fond de salaires insuffisants et pression des patrons sur les salariés. Et tandis qu’elle continue et qu’elle semble avoir atteint ce côté-ci de l’Atlantique, une nouvelle tendance fait son apparition : le Quiet Quitting.


Les démissions au plus haut en France au premier trimestre 2022

Pixabay/Aymanejed
Pixabay/Aymanejed
Jeudi 18 août 2022, le ministère du Travail a publié la dernière étude de la Dares sur les démissions en France. Elles atteignent, au premier trimestre 2022, un niveau record, supérieur même à la période ayant précédé la crise économique de 2008. La Dares annonce en effet plus de 520.000 démissions en France sur les trois premiers mois de l’année, dont près de 470.000 pour des CDI.

Un tel niveau n’avait plus été enregistré par le ministère du Travail depuis 2008, mais il reste, rapporté au nombre de salariés, légèrement inférieur à celui de 2008 (tout en étant supérieur en valeur absolue). Pour la Dares, si la hausse des démissions est indéniable, il n’y aurait donc pas lieu de parler en France d’un phénomène d’ampleur comme celui qui touche les États-Unis. Au contraire, le taux de démissions « est bas durant les crises et il augmente en période de reprise, d'autant plus fortement que l'embellie conjoncturelle est rapide », explique la Dares.

Le Quiet Quitting va-t-il arriver en France ?

Si la Grande démission ne semble pas encore d’actualité en France, une autre tendance commence à inquiéter les entreprises anglo-saxonnes. Il a débuté sur les réseaux sociaux aux États-Unis et au Royaume-Uni, avant d’atteindre l’Australie depuis quelques semaines : le Quiet Quitting. Le principe est simple : ne pas en faire plus que ce qui est demandé.

Il ne s’agit donc pas de démissionner, mais tout simplement de respecter les horaires prévus et de couper complètement les liens avec l’entreprise une fois en-dehors du bureau. Objectif : améliorer l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, et ne pas tomber dans l’écueil de faire de son travail sa seule raison d’exister. Ne plus accepter de nouvelles responsabilités, ne pas faire d’heures supplémentaires… de quoi contraindre les entreprises à revoir leur organisation, voire à recruter de nouveaux salariés.


Paolo Garoscio


Dans la même rubrique :
< >