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Rémunération, pression, relations avec le manager... : une majorité des Français se disent insatisfaits au travail



Vendredi 9 Janvier 2026 - 08:56

Ils sont nombreux à se lever chaque matin sans boussole professionnelle. D'après un sondage YouGov pour Chance, les Français se disent de plus en plus perdus dans leur travail, tiraillés entre insatisfaction diffuse, pression accrue et envie de changement.


Une insatisfaction devenue majoritaire chez les salariés

Le dernier Baromètre Amour Pro de Chance et YouGov dresse un constat sans détour : une majorité de Français se sentent perdus dans leur travail. Cette perte de repères concerne des salariés installés, souvent expérimentés, et s’accompagne d’une montée de l’insatisfaction et d’une tentation croissante de changer de travail. Le sentiment d’être perdus dans le travail n’est plus marginal. Dans ce baromètre on lit que 53% des répondants déclarent se sentir perdus dans leur vie professionnelle, tandis que seuls 2,3% estiment que « tout va très bien ». Autrement dit, pour une large majorité de salariés français, le travail n’apparaît plus comme un espace d’épanouissement clair. Cette situation alimente une insatisfaction profonde, qui traverse les catégories socioprofessionnelles, même si elle touche en priorité les actifs en poste depuis plus de dix ans.

Dans le même temps, l’insatisfaction s’installe durablement. 79% des Français déclarent au moins une source d’insatisfaction professionnelle. Cette proportion massive montre que le malaise dépasse la simple fatigue passagère. Il s’agit d’un désalignement durable entre attentes et réalité du travail, vécu par de nombreux salariés français qui se sentent perdus malgré un emploi, un salaire et un statut.

Plus d’un salarié sur deux ne se considère pas rémunéré à sa juste valeur

Parmi les sources d’insatisfaction, deux facteurs dominent nettement. D’abord, la rémunération. Elle constitue la première cause de mécontentement, tous âges confondus. Plus d’un salarié sur deux ne se considère pas rémunéré à sa juste valeur. Ce sentiment alimente le fait de se sentir perdus dans son travail, car l’effort fourni semble déconnecté de la reconnaissance financière reçue.

La pression de travail arrive juste derrière. Une surcharge jugée excessive touche particulièrement les femmes, 38% d’entre elles déclarant une pression trop élevée, contre 28% des hommes. Cette pression constante renforce l’insatisfaction et fragilise le rapport au travail. Elle contribue à une fatigue émotionnelle qui pousse de nombreux salariés français à remettre en question leur trajectoire professionnelle.

À cette équation s’ajoute le rôle central du management. Près de 70% des Français expriment une insatisfaction à l’égard de leur manager, principalement liées au manque de reconnaissance et d’écoute. Ce déficit relationnel nourrit le sentiment d’être perdus dans un travail où les attentes managériales sont floues ou perçues comme déconnectées du quotidien.

Des Français perdus dans leur travail et tentés par le changement

Face à cette accumulation d’insatisfactions, l’envie de changer progresse nettement. Le sondage nous apprend que 35% des Français souhaitent changer de travail en 2026, et cette proportion grimpe à 46% chez les 18-54 ans. Le changement n’est plus perçu comme un échec, mais comme une option crédible pour sortir d’un sentiment d’impasse professionnelle.

Cependant, cette volonté se heurte à des freins puissants. 47% des Français citent le manque d’opportunités professionnelles visibles comme principal obstacle à leur épanouissement. Ainsi, beaucoup de salariés se sentent perdus dans leur travail non par absence d’envie, mais faute de perspectives claires. À cela s’ajoutent le manque de confiance en soi et l’insuffisance de réseau, qui limitent concrètement la mobilité.

Pour Ludovic de Gromard, cofondateur de Chance, « le débat sur le travail ne peut plus se limiter à des données démographiques ou statistiques : âge, chômage et emploi, CDI, CDD. Ce baromètre dit ce que l’INSEE et les DRH ne mesurent pas : l’Amour Pro, les peurs, l’alignement, le sentiment d’être à sa place ».


Anton Kunin







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