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Le constructeur Renault va-t-il fermer des usines en France ?



Vendredi 21 Février 2020 - 09:25

L’année 2019 a été compliquée pour Renault : le groupe l’a terminée dans le rouge tandis que son image a été mise à mal par la fuite de son ex-PDG, Carlos Ghosn, du Japon pour se soustraire à la justice du pays qui l’accuse de malversations financières. De quoi faire craindre le pire : la directrice par intérim n’a pas exclu des fermetures d’usines.


2019 : une année difficile pour Renault et Nissan

La publication des résultats 2019 de Renault a fait état d’une année compliquée avec, pour la première fois depuis 2009, des comptes dans le rouge. Le groupe a vendu 3,4% de véhicules de moins, vu sa marge opérationnelle chuter à 2,66 milliards d’euros (environ 1 milliard de moins qu’en 2018) et, surtout, a enregistré une perte nette de 141 millions d’euros.

Du côté de ses partenaires, Nissan fait pire : les ventes du constructeur japonais ont chuté de 8,4% sur un an et il a réduit sa participation financière chez Renault à 242 millions d’euros, contre 1,51 milliard en 2018. Le constructeur français se prépare donc à devoir faire des choix stratégiques pour garantir sa survie, alors que Moody’s a déjà baissé la note de la dette en catégorie spéculative.

Des fermetures d’usines en France ?

Si rien n’est décidé, rien n’est exclu a fait savoir la directrice de Renault par intérim, Clotilde Delbos, qui a pris la tête de l’entreprise en attendant l’arrivée de Luca de Meo, débauché chez Seat, prévue pour le 1er juillet 2020. Au programme, il y aurait des fermetures d’usines et donc des suppressions d’emploi, dont certaines en France. Tout du moins, cette hypothèse n’est pas exclue.

Forcément, le gouvernement risque de s’en mêler, l’État étant actionnaire à 15% du constructeur français et ayant fait de l’emploi un combat prioritaire du quinquennat d’Emmanuel Macron. La fermeture d’usines en France pourrait être un coup dur pour l’image du Président. Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, a immédiatement réagi annonçant que le gouvernement sera très vigilant.


 


Paolo Garoscio