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Bien-être au travail : ce que veulent vraiment les salariés



Vendredi 27 Février 2026 - 17:27

La question du bien-être au travail ne relève plus du simple avantage social - elle devient un critère central d’attractivité et de performance. C’est ce que révèle le rapport annuel réalisé par Forrester Consulting et publié par Indeed, qui dresse un état des lieux des attentes des salariés à l’échelle internationale.


Bien-être au travail et fidélisation : des attentes en forte hausse

L’étude de Forrester Consulting pour Indeed met en lumière un paradoxe saisissant : alors que les entreprises multiplient les initiatives, seuls 25% des salariés déclarent réellement s’épanouir dans leur travail. Dans le même temps, les exigences progressent rapidement, redéfinissant les stratégies de fidélisation et les pratiques managériales.

Le premier enseignement est clair : les attentes montent. Ainsi, 44% des salariés indiquent que leurs exigences en matière de bien-être au travail sont plus élevées qu’il y a un an. Cette progression traduit un changement profond de rapport au travail. Le salaire demeure important, mais il ne suffit plus. Les talents recherchent désormais un environnement respectueux, un soutien tangible et un sentiment d’utilité. Autrement dit, l’entreprise doit offrir un cadre cohérent, aligné avec des valeurs claires et incarnées. À défaut, le risque de désengagement augmente.

Or, le déficit d’adhésion reste significatif. 33% des salariés déclarent ne pas être motivés. Plus préoccupant encore, 47% affirment ne pas faire confiance à leurs collègues ou à leurs dirigeants. Ce chiffre souligne un enjeu majeur pour les directions : la confiance devient un pilier stratégique du bien-être au travail et, par ricochet, de la fidélisation.

Enfin, 37% des salariés disent ne pas se sentir suffisamment inclus ou respectés dans leur environnement professionnel. Cette donnée éclaire un point central : la culture d’entreprise, souvent présentée comme un atout, demeure fragile dans de nombreuses organisations.

Flexibilité et environnement respectueux : nouveaux standards du bien-être au travail

Dans un contexte de transformations rapides, la flexibilité s’impose comme une attente forte. Elle ne se limite plus au télétravail. Elle englobe l’organisation du temps, la capacité à concilier vie personnelle et responsabilités professionnelles, mais aussi l’autonomie dans la gestion des missions.

Le rapport d’Indeed montre que le bien-être au travail constitue désormais un levier direct de performance. Les salariés affichant un niveau élevé de bien-être atteignent leurs objectifs près de 1,25 fois plus souvent que les autres. Loin d’être une démarche cosmétique, la politique de bien-être devient donc un investissement productif.

Par ailleurs, l’étude établit un lien entre culture d’entreprise et capacité d’adaptation technologique. 59% des salariés évoluant dans des organisations qui privilégient le bien-être au travail se déclarent capables de s’adapter à l’intelligence artificielle, contre seulement 35% dans les autres structures. Ce différentiel de 24 points est significatif.

Autrement dit, un environnement respectueux et soutenant favorise l’agilité. À l’heure où les entreprises investissent massivement dans l’IA et l’automatisation, la dimension humaine redevient centrale. L’acceptation du changement technologique dépend, en partie, du climat interne.

Bien-être au travail, performance et transformation : un impératif stratégique

Le rapport insiste sur un point déterminant : le bien-être au travail ne peut plus être considéré comme un avantage périphérique. Il s’agit d’un impératif stratégique. Les organisations qui l’intègrent à leur modèle opérationnel créent un cercle vertueux associant engagement, performance et innovation.

Pourtant, la réalité reste contrastée. Si seulement un quart des salariés se disent véritablement épanouis, cela signifie que 75% évoluent dans un état intermédiaire, voire insatisfaisant. Ce déséquilibre constitue un risque pour la compétitivité à moyen terme. D’autant que les candidats, eux aussi, affinent leurs critères. Le soutien managérial, la reconnaissance et la cohérence des valeurs deviennent des éléments déterminants dans la décision de rejoindre ou non une entreprise. Les talents recherchent plus qu’une rémunération : ils attendent un cadre qui leur permette de progresser et de se sentir utiles.

​Cette évolution impose une transformation du rôle des managers. Ils ne sont plus seulement garants des résultats opérationnels. Ils deviennent architectes d’un climat de confiance. Dans un environnement comparable à celui de l’industrie automobile électrique, où l’innovation impose une adaptation continue, la capacité à maintenir un collectif engagé devient un avantage compétitif décisif.

Enfin, la question de la fidélisation s’inscrit dans cette dynamique. Les entreprises qui négligent le bien-être au travail s’exposent à un turnover accru, à une baisse de productivité et à des difficultés de recrutement. À l’inverse, celles qui investissent dans un environnement respectueux et flexible créent les conditions d’une performance durable.


Anton Kunin


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