managementhebdo

Harcèlement moral : UBS condamnée face à une "lanceur d'alerte"



Paolo Garoscio
Après son diplôme de Master en Philosophie du Langage, Paolo Garoscio a décidé de se tourner vers... En savoir plus sur cet auteur
Vendredi 6 Mars 2015 - 09:04

La bataille judiciaire arrive à sa fin et c'est la banque UBS qui la perd. Elle a été reconnue coupable d'harcèlement moral envers une ancienne employée par le tribunal des Prud'Hommes. Une affaire qui pourrait être ordinaire si ce n'est que l'employée en question est au centre d'une enquête pour blanchiment de fraude fiscale... en tant que lanceur d'alerte.


Shutterstock/economiematin
Shutterstock/economiematin
Tout commence en 2008, le 25 juin très précisément. Ce jour-là la police perquisitionne les bureaux de la banque UBS qu'elle soupçonne déjà de faire du tort au fisc et de pratiquer le blanchiment d'argent. Inquiète de ce que pourrait trouver la police durant sa perquisition, UBS ordonne à une de ses employées, Stéphanie Gibaud, de " détruire le contenu de (son) disque dur et le contenu de (ses) armoires d'archive".

Ces dossiers étaient sensibles puisque selon la salariée ils contenaient "les noms et prénoms de nos clients et de nos prospects rattachés à un chargé d'affaires en France, en Suisse". Mais au lieu de faire ce que lui ordonnent ses supérieurs, Stéphanie Gibaud refuse et appelle les autorités françaises. Dans ces dossiers il y aurait eu des preuves potentielles des pratiques d'évasion fiscale et de blanchiment d'évasion fiscale d'UBS.

Stéphanie Gibaud et UBS commencent alors une bataille judiciaire, une bataille de David contre Goliath qui dure quatre ans et qui se termine avec le licenciement en 2012 de Mme Gibaud et la mise en examen de la banque UBS.

Ce jeudi 5 mars 2015 c'est une autre affaire qui a été jugée : UBS a été reconnue coupable d'harcèlement moral envers cette salariée. Un jugement que Stéphanie Gibaud estime "énorme" aux micros de France 3. Selon elle c'est une grande victoire pour les "les lanceurs d'alerte qui sont derrière moi" car le jugement pourrait faire jurisprudence et protéger un peu plus les salariés qui ont le courage de dénoncer les malversations de leurs employeurs.




Dans la même rubrique :
< >