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Un salarié du privé sur quatre au chômage partiel



Mercredi 8 Avril 2020 - 01:47

Le dispositif de chômage partiel mis en place par le gouvernement pour épauler les entreprises durant la période de confinement va coûter près de 20 milliards d'euros pour une durée de trois mois.


5,8 millions de salariés au chômage partiel

Muriel Pénicaud a donné les derniers chiffres concernant le chômage partiel : 5,8 millions de salariés en bénéficient jusqu'à présent, ce qui représente 25% des salariés du secteur privé. 544.000 entreprises ont mis en œuvre cette mesure, qui leur permet de conserver leurs salariés en poste, prêts à travailler lorsque la machine économique sera relancée. Le jeu en vaut la chandelle, selon la ministre du Travail : le dispositif va « sauver des millions d'emplois, éviter le chômage à des millions de Français et permettre aux entreprises de repartir plus vite ». 

Un effort qui pèse sur les finances publiques, elles sont lourdement mises à contribution : « si toutes les entreprises qui ont fait la déclaration pour les 5,8 millions de salariés utilisent le chômage partiel pleinement pendant trois mois, le coût au bout de trois mois sera de 19,7 milliards d'euros ».

Le chômage partiel pourrait coûter 19,7 milliards d'euros.

Actuellement, « 5,8 millions de salariés pour un total de 2,4 milliards d'heures chômées demandées. En moyenne, c'est 12 semaines à 35 heures hebdomadaires qui ont été demandées », a expliqué la ministre. La moitié de l'économie française est « à l'arrêt », précise-t-elle. Ce montant de quasiment 20 milliards pourrait être revu à la hausse ou à la baisse en fonction du retour à l'activité. La sortie du confinement devrait être progressive, a eu l'occasion d'expliquer Edouard Philippe. Certaines entreprises pourront donc redémarrer plus tôt que d'autres.

Le chômage partiel permet à un salarié de recevoir une rémunération équivalente à 70% de son salaire brut (84% du salaire net). « On est le seul pays à être à ce niveau de chômage partiel », a assuré Muriel Pénicaud. Le financement du dispositif va faire l'objet « très prochainement » d'une convention entre l'État, les syndicats et le patronat. L'Unédic sera de la partie selon la formule « deux tiers État, un tiers Unédic ». Mais en bout de course, la dette issue du tiers de l'Unédic sera à la charge de l'État.


Olivier Sancerre