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En Suède, le télétravail est prolongé jusqu’en 2021



Vendredi 31 Juillet 2020 - 07:43

Alors qu’en France les salariés sont retournés, au compte-goutte, au bureau, au nord de l’Europe, la Suède opte pour une stratégie radicalement inverse. Le pays invite tous les salariés qui le peuvent à prolonger leur télétravail jusqu’au moins à la fin de l’année 2020. Une manière d’essayer de ne pas devoir confiner la population.


Le télétravail jusqu’en 2021 pour réduire les contacts

Pixabay/Jorono
Pixabay/Jorono
Le télétravail, en Suède, pourrait être devenu le nouveau geste barrière. Alors qu’en France, cette manière de gérer les équipes n’a été adoptée que face à la contrainte du confinement généralisé et que les entreprises ne sont pas convaincues de la conserver à court ou moyen terme, la Suède a invité, le 30 juillet 2020, à prolonger le télétravail jusqu’au moins au 31 décembre 2020, et peut-être au-delà.

L’objectif du gouvernement est simple : réduire le nombre de personnes dans les transports publics et dans les lieux clos que sont les bureaux. Ainsi, le gouvernement suédois espère réduire la circulation du virus sur son territoire alors que les nouvelles contaminations dans le pays sont largement supérieures à celles de ses voisins directs.

80.000 cas de Covid-19 en Suède

Cette décision de prolonger le télétravail s’inscrit directement dans la stratégie sanitaire unique de la Suède qui, contrairement à la majorité des pays européens, n’a pas confiné sa population. Montrée en exemple par les Européens opposés aux confinement généralisé, cette stratégie a été vivement décriée et jugée inefficace, chiffres à l’appui.

Le pays compte désormais 80.100 cas, soit entre neuf et dix fois plus que ses voisins directs, la Norvège et la Finlande, qui ont opté pour le confinement. Et le virus circule beaucoup plus vite en Suède que dans ces deux autres pays : on y compte, par jour, 30 fois plus de contaminations.

Généraliser le télétravail pourrait apparaître comme une forme légère de confinement : sans interdire aux personnes de sortir, on leur enlève la raison première de sortie, le travail, les incitant ainsi à rester chez elles.


Paolo Garoscio


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