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Congé paternité : durée doublée et 7 jours obligatoires



Vendredi 25 Septembre 2020 - 09:40

Mercredi 23 septembre 2020, le gouvernement a dévoilé la réforme visant à améliorer le congé paternité en France, jusque-là parmi les plus cours de l’Union européenne. Sa durée va doubler et une partie sera même rendue obligatoire pour inciter les jeunes pères à faire valoir leurs droits.


28 jours de congé paternité en France dès 2021

Emmanuel Macron a confirmé, le 23 septembre 2020, l’information donnée à la presse la veille : le congé paternité en France passera de 14 jours à 28 jours dès le 1er juillet 2021. Une date choisie pour que la majorité des pères des enfants conçus à partir du quatrième trimestre 2020 puissent en profiter.

Mais le gouvernement a décidé d’aller plus loin : de ces 28 jours, 7 jours seront obligatoires, ce qui change radicalement la législation : actuellement, le congé paternité est totalement facultatif. Ce côté optionnel fait que seulement 67% des jeunes pères prennent des congés paternité en France, laissant l’accueil du bébé intégralement à la charge de la mère. En rendant une partie du congé obligatoire, le gouvernement espère que les jeunes pères soient mieux sensibilisés et optent pour une durée plus longue.

Un coût de 500 millions d’euros et quelques critiques

La réforme devrait coûter, en année pleine, 500 millions d’euros à la Sécurité sociale qui prendra intégralement en charge le congé paternité. Les entreprises conservent, à leur charge, le congé naissance de trois jours.

La décision d’allonger le congé paternité a été accueillie de façon mitigée par les entreprises : si toutes sont concordes à dire qu’il s’agit d’une avancée sociale nécessaire, elles critiquent le surcoût en termes de cotisation mais également le côté obligatoire d’une semaine de congés. Mais c’est avant tout le timing de cette annonce qui laisse perplexe : alors que la crise économique s’annonce majeure, le congé paternité obligatoire et rallongé risque de mettre en difficulté certaines petites entreprises qui pourraient être privées d’un salarié stratégique durant plusieurs semaines.


Paolo Garoscio


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