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Arrêts de travail : le pire est à venir



Mardi 17 Novembre 2020 - 14:53

L’épidémie de Covid-19 a eu un effet ambivalent sur les arrêts de travail : d’une part, les arrêts de travail longs se multiplient. D’autre part, le nombre de salariés arrêtés au moins une fois dans l’année a baissé, faisant craindre un effet de rattrapage plus tard, lorsque la prise en charge normale des maladies chroniques reprendra, nous apprend le Baromètre Absentéisme annuel de Malakoff Humanis.


Un effet boule de neige qui risque de se traduire par une vague d’arrêts de travail

Le nombre global de salariés qui se sont vu prescrire un arrêt de travail au cours des douze derniers mois a baissé : 36% contre 44% en 2019. Mais cela veut-il dire que la santé des Français s’est améliorée ? Bien au contraire, tout porte à croire qu’il s’agit d’une baisse artificielle du nombre d’arrêts de travail, due au fait que de nombreuses consultations et interventions jugées non urgentes n’avaient pas eu lieu pendant le premier confinement et sont encore retardées pendant ce deuxième confinement. En effet, en 2020 de nombreuses maladies graves n’ont pas été prises en charge (« priorité patients Covid »), s’y ajoute la montée des risques psycho-sociaux (devenus le deuxième motif d’arrêts maladie en mai 2020).

On peut donc supposer que lorsque le système de soins reviendra à son fonctionnement normal, lorsque les consultations et les interventions « non urgentes » reprendront, de nombreux patients (surtout les malades chroniques) iront voir leurs médecins, et les arrêts se multiplieront.

Du télétravail à la place d’un arrêt maladie ?

Un tiers (30%) des dirigeants estiment d’ailleurs que les arrêts maladie augmenteront dans les deux prochaines années. Il y a bien sûr l’augmentation de l’âge moyen des salariés (liée notamment au report de l’âge de départ à la retraite), citée par 34% des dirigeants. S’y ajoute un quart (26%) qui citent la dégradation de la santé psychologique des salariés. Et puis, un peu plus de la moitié des dirigeants (52%) rapportent une baisse de l’engagement des salariés.

Face à cette multiplication attendue des arrêts de travail, 75% des dirigeants se disent favorables à l’idée qu’un médecin puisse prescrire du télétravail à la place d’un arrêt maladie s’il juge cela approprié. Mais dans tous les cas, les dirigeants ne semblent pas rester les bras croisés. Près de la moitié des salariés déclarent que leur entreprise a mis en place des actions visant à faire diminuer le nombre et la durée des arrêts de travail, notamment des dispositifs de prévention des risques santé (32%) ou un accompagnement du retour à l’emploi après un arrêt de longue durée (25%).


Anton Kunin