managementhebdo

Se cacher, une stratégie de survie en entreprise pour les femmes lesbiennes



Mardi 10 Mai 2022 - 08:59

Malgré l’évolution des mœurs, en entreprise les femmes lesbiennes continuent à être victimes de remarques déplacées, de moqueries voire de discriminations. Elles sont nombreuses à faire le choix de cacher leur orientation sexuelle pour ne pas avoir ces ennuis, révèle une enquête de l’IFOP pour L’Autre Cercle.


Les comportements LGBTphobes ont un fort impact émotionnel sur les salariées lesbiennes

Les femmes lesbiennes restent nombreuses à ne pas se sentir à l’aise au sein de l’entreprise, peut-on conclure à la lecture d’un sondage IFOP pour L’Autre Cercle, un organisme spécialisé dans l’inclusion et la gestion de la diversité LGBT+ au travail, qui s’attache à créer pour le compte de ses clients employeurs des environnements de travail plus inclusifs pour les personnes LGBT+. La preuve, sur leur lieu de travail, 60% des femmes lesbiennes ont été témoins de l’utilisation de termes LGBTphobes (sans qu’ils leur soient adressés), et 46% femmes lesbiennes ont été témoins de partage de jugements LGBTphobes de la part de leurs collègues.

Pire, 25% des femmes lesbiennes ont été victimes d’insultes lesbophobes, et 50% ont même connu des épisodes dépressifs. Par ailleurs, 38% ont déjà eu des idées suicidaires, et 25% sont allées jusqu’à quitter leur entreprise.

Sur le lieu de travail, les femmes lesbiennes adoptent des stratégies d’évitement

Les conséquences d’un environnement LGBTphobe peuvent être moins dramatiques, mais tout aussi pénibles au quotidien. La même enquête nous apprend que 25% des femmes lesbiennes ont renoncé à un événement organisé par leur organisation où les conjoints étaient conviés, 21% ont renoncé au même type d’événement lorsqu’il était informel, organisé par des collègues, 19% ont renoncé à indiquer le nom de leur partenaire sur leur mutuelle, leur plan d’épargne d’entreprise ou en tant que contact d’urgence, 15% a renoncé à prendre des congés pour un pacs ou mariage avec une femme et 18% a renoncé à prendre des congés maternité ou parentalité après l’accouchement de leur partenaire.

Il n’est alors pas étonnant si seuls 42% des femmes lesbiennes ont révélé leur orientation sexuelle à des collègues ayant à peu près le même niveau hiérarchique que le leur, et encore moins (35%) l’ont révélé à un supérieur hiérarchique. Interrogées sur ce qui les inciterait à révéler leur orientation sexuelle, les femmes lesbiennes déclarent que c’est la présence de collègues bisexuelles visibles (61%), la garantie d’un environnement de travail favorable à l’expression de son homosexualité (59%) et le recadrage de comportements lesbophobes (55%).


Anton Kunin

Tags : LGBT