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Près d'un salarié du privé sur deux au chômage partiel



Vendredi 24 Avril 2020 - 09:00

Le secteur privé compte près de la moitié de ses salariés au chômage partiel, a révélé le ministère du Travail en fin de semaine dernière. Et le nombre d'inscriptions à Pôle Emploi continue d'augmenter.


9 millions de salariés au chômage partiel

Combien restera-t-il de salariés encore en poste à la fin du confinement ? La question mérite d'être posée alors qu'un mois après la mise en place des mesures pour endiguer la propagation du coronavirus, 9 millions de salariés du secteur privé bénéficient du dispositif de chômage partiel en France, selon les chiffres du ministère du Travail remontant au jeudi 16 avril (les salariés de la fonction publique sont exclus du décompte). Muriel Pénicaud relève que quasiment un salarié sur deux du privé est désormais au chômage partiel, une mesure mise en œuvre dès le début du confinement qui permet aux entreprises de conserver leurs effectifs : c'est l'État qui rembourse une grande partie des salaires pendant le confinement.

Selon les chiffres officiels de l'Insee pour 2019, la France compte 19,66 millions de salariés dans le privé. 9 millions d'entre eux étant au chômage partiel, il ne faudra plus que 800.000 personnes en plus pour atteindre les 50% évoqués par la ministre du Travail. Au vu du rythme auquel les entreprises font appel au dispositif, le seuil ne devrait plus tarder.

Hausse des inscriptions au chômage

L'objectif du gouvernement est de maintenir à flot les entreprises dont l'activité s'est fortement contractée depuis un mois. À la sortie du confinement, à partir du 11 mai, elles pourront redémarrer avec leurs salariés. Un redémarrage qui se fera de manière progressive et avec de lourdes mesures sanitaires en place : retrouver le même niveau d'activité d'avant la crise sanitaire paraît compromis à moyen terme.

Le dispositif de chômage partiel permet de limiter le recours au chômage tout court. Malgré tout, le niveau des inscriptions à Pôle Emploi continue d'augmenter : entre le 15 et le 21 mars, soit la première semaine de confinement, on a ainsi dénombré 117.673 personnes supplémentaires. Il faut s'attendre à une hausse du chômage, tandis que la barre de 7% promise par l'exécutif d'ici la fin du quinquennat paraît bien compromise. Muriel Pénicaud l'a admis : « Nous étions sur une excellente tendance puisqu'il y a deux mois on annonçait que le chômage était à 8,1%, le plus faible taux depuis 11 ans ; on est loin de cette situation ».


Olivier Sancerre