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Pas de renationalisation pour Renault



Dimanche 22 Mars 2020 - 23:45

Le groupe Renault ne sera pas nationalisé de nouveau par l'État, a assuré Jean-Dominique Senard, président du constructeur automobile en grande difficulté depuis l'épidémie de coronavirus.


Renault en très grande difficulté

Il y a quelques jours, Edouard Philippe n'écartait pas la possibilité de nationaliser les grandes entreprises en très grande difficulté en raison des mesures de confinement. Le Premier ministre n'a pas donné de noms, mais celui de Renault est dans toutes les têtes. Le constructeur automobile a connu une mauvaise année 2019 avec des ventes au ralenti et des difficultés avec le partenaire japonais Nissan. Avec l'épidémie de coronavirus, Renault a dû fermer toutes ses usines européennes, dont 12 en France. Dans un entretien au quotidien Le Parisien/Aujourd'hui en France, Jean-Dominique Senard le président de Renault assure qu'une renationalisation n'est « pas à l'ordre du jour ».

Renault ne redeviendra pas la Régie, martèle-t-il, en rappelant le précédent de 2008-2009 : « nous n’avions pas eu à en arriver là. Pourtant la situation était également très difficile [et] nous n’en menions pas large à l’époque ». Malgré tout, il n'a pas été nécessaire de renationaliser l'entreprise, qui a vécu sous la bannière de l'État pendant quarante ans.

Des Zoé pour le personnel soignant

Quand la crise financière s'est terminée, « vous avez vu comment cela s’est retourné. Parce qu’il ne faut pas s’y tromper, le jour où la conjoncture redevient plus favorable, dans l’industrie automobile, cela peut être extrêmement rapide et fort », explique l'ex-patron de Michelin. En revanche, les possibilités d'obtenir des garanties auprès de l'État pourraient permettre de soutenir les entreprises en difficulté.

Par ailleurs, dans une intervention sur RTL, le président de Renault annonce que le constructeur réfléchit au prêt de 300 Zoé, son véhicule électrique, au personnel soignant qui en aurait besoin. 200 voitures de la même gamme ont été fournies à la Croix Rouge, en Suisse. « Peut-être qu'un monde de plus grande bienveillance et de plus grande attention aux personnes va naître dans un capitalisme français et européen, que j'appelle de mes vœux et Renault jouera sa part », conclut-il.


Olivier Sancerre

Tags : renault

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