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Le chômage partiel pour 2,2 millions de salariés



Dimanche 29 Mars 2020 - 20:24

Pour éviter les licenciements en cette période de crise sanitaire, le gouvernement a mis en place un dispositif de chômage partiel massivement utilisé par les entreprises. 220.000 sociétés y ont recours, a annoncé Muriel Pénicaud.


220.000 entreprises ont demandé le chômage partiel

Éviter les licenciements : c'est le crédo de Muriel Pénicaud. La ministre du Travail, invitée du Grand Jury RTL, a annoncé que 220.000 entreprises avaient recours au chômage partiel, ce qui concerne 2,2 millions de salariés au total. L'objectif de ce dispositif mis en place dès le début du confinement, c'est « d'éviter la casse sociale et aussi permettre aux entreprises, demain, de repartir avec leurs compétences ». Les principaux secteurs concernés sont l'industrie, l'hébergement et restauration, la construction et le commerce non alimentaire, ainsi que les garages, « qui sont très touchés en ce moment », relève la ministre. 

Bon nombre de secteurs d'activité ont cessé d'embaucher : celles-ci ont chuté de 70%, exception faite de certains d'entre eux comme l'agriculture et la fabrication de masques. Le gouvernement a passé plusieurs mesures d'assouplissement du code du travail : la durée maximale du travail est passée à 60 heures par semaine, sous conditions et uniquement pour quelques secteurs stratégiques. Les employeurs pourront aussi imposer des congés payés aux salariés. Le travail dominical a lui aussi été facilité.

60 heures de travail hebdomadaire

Devant la bronca que ces mesures ont suscitée auprès des syndicats, la ministre a expliqué que la possibilité de travailler 60 heures de travail par semaine devait être utilisée « avec parcimonie ». Muriel Pénicaud : « Dans la grande majeure partie des cas, le sujet n'est pas de travailler plus. On ne peut pas attendre la même productivité ». Elle prend pour exemple la fabrication de respirateurs : « c'est un peu technique. On ne peut pas faire appel à des intérimaires ».

En ce qui concerne la réforme de l'assurance chômage, dont l'application est repoussée du 1er avril au 1er septembre, la ministre a assuré qu'il n'était pas question de l'abroger. Plusieurs dispositifs sont très attendus comme le filet de sécurité pour les indépendants ou le droit de démissionner pour créer son entreprise. Par ailleurs, elle rappelle que la dégressivité de l'allocation chômage ne concerne que les cadres et les 10% des salaires les plus élevés.


Olivier Sancerre