Allaitement : des pauses rémunérées pour les mères en entreprise
Marine Tondelier a placé l’allaitement au travail dans le débat politique le 30 septembre 2026, quelques jours après la naissance de son deuxième enfant. La responsable des Écologistes et possible candidate à l’élection présidentielle demande de renforcer l’accompagnement des mères qui souhaitent poursuivre l’allaitement après leur congé maternité. Une semaine auparavant, lors de sa première sortie publique après son accouchement, elle avait déjà cité l’allaitement et le post-partum parmi les sujets concernant les femmes qu’elle souhaitait porter politiquement.
Son dispositif s’articule autour de plusieurs leviers liés au travail : rémunérer réellement les périodes consacrées à l’allaitement ou au tirage du lait, rendre accessibles des espaces appropriés pour tirer et conserver celui-ci, créer un congé spécifique choisi, renforcer le suivi après la maternité et permettre, lorsque l’organisation de l’entreprise le permet, des horaires aménagés, du télétravail ou une reprise progressive. Le deuxième parent est également intégré à cette réflexion sur l’organisation familiale.
Le point de départ est un droit qui existe déjà. D'après l’article L1225-30 du Code du travail, pendant une année à compter de la naissance, une salariée qui allaite dispose d'une heure par jour durant ses heures de travail. Le cadre réglementaire précise que cette heure est normalement divisée en deux périodes de 30 minutes, l’une le matin et l’autre l’après-midi. Les horaires sont fixés d’un commun accord avec l’employeur ; faute d’accord, la pause intervient au milieu de chaque demi-journée.
Une particularité du texte peut surprendre. Lorsque l’employeur met à disposition, dans l’entreprise ou à proximité des locaux de travail, un espace dédié à l’allaitement, les deux périodes de 30 minutes sont ramenées chacune à 20 minutes. Le droit organise donc précisément le temps disponible, mais il n’instaure pas dans son régime général une rémunération spécifique de cette heure. Les médias ayant présenté la proposition de Marine Tondelier rappellent ainsi que ces interruptions ne sont pas automatiquement payées. Des règles conventionnelles plus favorables peuvent toutefois s’appliquer.
C’est sur ce point financier que la proposition de Marine Tondelier introduirait l’un des changements les plus visibles pour les entreprises et leurs services RH. Il ne s’agirait plus seulement de permettre matériellement à la salariée de s’absenter de son poste, mais d’éviter qu’elle supporte une diminution de rémunération du fait de ce choix. La responsable écologiste propose également « un congé d’allaitement choisi et rémunéré, pour ne pas avoir à arbitrer entre son allaitement, son travail et son salaire », écrit Marine Tondelier dans la publication sur X.
La rémunération de ces pauses n’est d’ailleurs pas totalement inconnue du droit social français. Certaines conventions collectives vont déjà au-delà du socle légal. Dans l’enseignement privé indépendant, par exemple, l’article 10.8 de la convention collective en vigueur depuis le 1er mars 2026 prévoit une heure quotidienne pouvant être répartie en plusieurs pauses ou transformée en réduction de la durée du travail. Ces périodes constituent du temps de travail rémunéré pendant six mois à partir du retour dans l’entreprise, sans pouvoir dépasser le premier anniversaire de l’enfant.
Son dispositif s’articule autour de plusieurs leviers liés au travail : rémunérer réellement les périodes consacrées à l’allaitement ou au tirage du lait, rendre accessibles des espaces appropriés pour tirer et conserver celui-ci, créer un congé spécifique choisi, renforcer le suivi après la maternité et permettre, lorsque l’organisation de l’entreprise le permet, des horaires aménagés, du télétravail ou une reprise progressive. Le deuxième parent est également intégré à cette réflexion sur l’organisation familiale.
Le point de départ est un droit qui existe déjà. D'après l’article L1225-30 du Code du travail, pendant une année à compter de la naissance, une salariée qui allaite dispose d'une heure par jour durant ses heures de travail. Le cadre réglementaire précise que cette heure est normalement divisée en deux périodes de 30 minutes, l’une le matin et l’autre l’après-midi. Les horaires sont fixés d’un commun accord avec l’employeur ; faute d’accord, la pause intervient au milieu de chaque demi-journée.
Une particularité du texte peut surprendre. Lorsque l’employeur met à disposition, dans l’entreprise ou à proximité des locaux de travail, un espace dédié à l’allaitement, les deux périodes de 30 minutes sont ramenées chacune à 20 minutes. Le droit organise donc précisément le temps disponible, mais il n’instaure pas dans son régime général une rémunération spécifique de cette heure. Les médias ayant présenté la proposition de Marine Tondelier rappellent ainsi que ces interruptions ne sont pas automatiquement payées. Des règles conventionnelles plus favorables peuvent toutefois s’appliquer.
C’est sur ce point financier que la proposition de Marine Tondelier introduirait l’un des changements les plus visibles pour les entreprises et leurs services RH. Il ne s’agirait plus seulement de permettre matériellement à la salariée de s’absenter de son poste, mais d’éviter qu’elle supporte une diminution de rémunération du fait de ce choix. La responsable écologiste propose également « un congé d’allaitement choisi et rémunéré, pour ne pas avoir à arbitrer entre son allaitement, son travail et son salaire », écrit Marine Tondelier dans la publication sur X.
La rémunération de ces pauses n’est d’ailleurs pas totalement inconnue du droit social français. Certaines conventions collectives vont déjà au-delà du socle légal. Dans l’enseignement privé indépendant, par exemple, l’article 10.8 de la convention collective en vigueur depuis le 1er mars 2026 prévoit une heure quotidienne pouvant être répartie en plusieurs pauses ou transformée en réduction de la durée du travail. Ces périodes constituent du temps de travail rémunéré pendant six mois à partir du retour dans l’entreprise, sans pouvoir dépasser le premier anniversaire de l’enfant.
Un local et un congé choisi pour les mères
La question du local est le deuxième volet très opérationnel du dossier. L’article L1225-32 du Code du travail ne crée pas une obligation générale identique dans toutes les entreprises : il dispose que tout employeur employant plus de 100 salariées peut être mis en demeure d’installer, dans l'établissement ou à proximité, des locaux dédiés à l’allaitement. Cette formulation est plus précise que le raccourci parfois utilisé dans les articles de presse, qui présentent le seuil de cent salariées comme une obligation automatique et générale.
Lorsqu’un tel local est exigé, le Code du travail en encadre étroitement les caractéristiques. Il doit notamment être séparé des locaux de travail, disposer d’une aération et d’un renouvellement continu de l’air, être correctement éclairé, disposer d’eau en quantité suffisante ou d’un lavabo à proximité et comporter des sièges adaptés. Le nettoyage doit être quotidien et le lieu maintenu dans des conditions convenables de température et d’hygiène. Pour un service RH, l’enjeu n’est donc pas simplement de trouver une pièce libre : le droit fixe déjà un cadre matériel détaillé.
Marine Tondelier souhaite élargir la logique en demandant des lieux effectivement utilisables pour tirer le lait et le conserver. Sa proposition associe ainsi le temps de pause à l’environnement de travail : l’un peut être difficilement mobilisable sans l’autre. À cela s’ajoute le congé d’allaitement choisi et rémunéré qu’elle défend. Un tel congé constituerait un dispositif distinct des seules interruptions de travail aujourd’hui prévues par le régime général, même si certaines conventions collectives offrent déjà des garanties supplémentaires aux salariées.
Le troisième terrain est celui de la reprise elle-même. Marine Tondelier évoque un accompagnement après la sortie de maternité faisant intervenir sages-femmes, professionnels spécialisés dans la lactation, protection maternelle et infantile et, selon les situations, visites à domicile. Sur le versant professionnel, elle défend des horaires adaptés, le recours au télétravail lorsqu’il est compatible avec le poste et une reprise progressive. Ce volet dépasse donc la seule modification d’un article du Code du travail : il touche à l’organisation du temps, au management, aux conditions de travail et au dialogue entre la salariée et son entreprise.
Lorsqu’un tel local est exigé, le Code du travail en encadre étroitement les caractéristiques. Il doit notamment être séparé des locaux de travail, disposer d’une aération et d’un renouvellement continu de l’air, être correctement éclairé, disposer d’eau en quantité suffisante ou d’un lavabo à proximité et comporter des sièges adaptés. Le nettoyage doit être quotidien et le lieu maintenu dans des conditions convenables de température et d’hygiène. Pour un service RH, l’enjeu n’est donc pas simplement de trouver une pièce libre : le droit fixe déjà un cadre matériel détaillé.
Marine Tondelier souhaite élargir la logique en demandant des lieux effectivement utilisables pour tirer le lait et le conserver. Sa proposition associe ainsi le temps de pause à l’environnement de travail : l’un peut être difficilement mobilisable sans l’autre. À cela s’ajoute le congé d’allaitement choisi et rémunéré qu’elle défend. Un tel congé constituerait un dispositif distinct des seules interruptions de travail aujourd’hui prévues par le régime général, même si certaines conventions collectives offrent déjà des garanties supplémentaires aux salariées.
Le troisième terrain est celui de la reprise elle-même. Marine Tondelier évoque un accompagnement après la sortie de maternité faisant intervenir sages-femmes, professionnels spécialisés dans la lactation, protection maternelle et infantile et, selon les situations, visites à domicile. Sur le versant professionnel, elle défend des horaires adaptés, le recours au télétravail lorsqu’il est compatible avec le poste et une reprise progressive. Ce volet dépasse donc la seule modification d’un article du Code du travail : il touche à l’organisation du temps, au management, aux conditions de travail et au dialogue entre la salariée et son entreprise.
Allaitement : des pauses payées dans plusieurs pays
La rémunération obligatoire des pauses défendue par Marine Tondelier existe déjà sous différentes formes à l’étranger. En Allemagne, le droit protège pendant les douze premiers mois après l’accouchement le temps nécessaire à l’allaitement. À la demande de la salariée, l’employeur doit accorder au minimum deux demi-heures par jour ou une heure en une fois. Lorsque le travail se poursuit sans interruption pendant plus de huit heures, la salariée peut demander deux périodes d’au moins 45 minutes ou, lorsqu’aucune possibilité d’allaiter n’existe à proximité, une période d’au moins 90 minutes. Surtout, le code du travail allemand interdit qu’une telle dispense de travail entraîne une perte de salaire et précise que le temps n’a pas à être rattrapé.
L'Italie dispose d'un autre mécanisme. Durant la première année de vie de l’enfant, la loi prévoit des repos journaliers destinés aux salariés éligibles. Pour une journée d’au moins six heures de travail, le droit atteint deux heures par jour ; sous ce seuil, il est d'une heure. Ces durées sont doublées notamment en cas de naissance multiple. L’INPS indique par ailleurs que l’indemnité versée pour ces périodes est égale à la rémunération. Le dispositif concerne les mères salariées mais peut également bénéficier aux pères salariés dans les situations prévues par la réglementation italienne.
En Irlande, la durée de protection va nettement plus loin dans le temps. Une personne salariée qui allaite peut prendre une heure payée par jour jusqu'au deuxième anniversaire de l'enfant. Cette heure peut être prise en une seule période de 60 minutes, en deux pauses de 30 minutes ou en trois pauses de 20 minutes. Lorsque les installations appropriées ne sont pas disponibles, le dispositif irlandais permet également une réduction du temps de travail sans perte de salaire.
En Belgique, le choix est encore différent puisque l’indemnisation passe par la mutualité. Les salariées peuvent bénéficier de pauses jusqu’à neuf mois après la naissance. L’allocation équivaut à 82% de la rémunération horaire brute non plafonnée. Pour une journée d’au moins 7 h 30, le droit est de deux pauses d’une demi-heure ; lorsque la journée dépasse quatre heures mais reste inférieure à 7 h 30, une seule demi-heure est prévue. L’employeur doit par ailleurs être averti au moins deux mois à l’avance.
L'Italie dispose d'un autre mécanisme. Durant la première année de vie de l’enfant, la loi prévoit des repos journaliers destinés aux salariés éligibles. Pour une journée d’au moins six heures de travail, le droit atteint deux heures par jour ; sous ce seuil, il est d'une heure. Ces durées sont doublées notamment en cas de naissance multiple. L’INPS indique par ailleurs que l’indemnité versée pour ces périodes est égale à la rémunération. Le dispositif concerne les mères salariées mais peut également bénéficier aux pères salariés dans les situations prévues par la réglementation italienne.
En Irlande, la durée de protection va nettement plus loin dans le temps. Une personne salariée qui allaite peut prendre une heure payée par jour jusqu'au deuxième anniversaire de l'enfant. Cette heure peut être prise en une seule période de 60 minutes, en deux pauses de 30 minutes ou en trois pauses de 20 minutes. Lorsque les installations appropriées ne sont pas disponibles, le dispositif irlandais permet également une réduction du temps de travail sans perte de salaire.
En Belgique, le choix est encore différent puisque l’indemnisation passe par la mutualité. Les salariées peuvent bénéficier de pauses jusqu’à neuf mois après la naissance. L’allocation équivaut à 82% de la rémunération horaire brute non plafonnée. Pour une journée d’au moins 7 h 30, le droit est de deux pauses d’une demi-heure ; lorsque la journée dépasse quatre heures mais reste inférieure à 7 h 30, une seule demi-heure est prévue. L’employeur doit par ailleurs être averti au moins deux mois à l’avance.
Entreprise et bébé : le retour au travail reste un point de friction
Les États-Unis illustrent un système sensiblement différent. Au niveau fédéral, le Fair Labor Standards Act impose à la plupart des employeurs de laisser aux salariées concernées un temps de pause raisonnable chaque fois qu’elles ont besoin de tirer leur lait pendant un an après la naissance. Un espace fonctionnel, protégé des regards et des intrusions, doit être disponible ; il ne peut pas s’agir de toilettes. Les entreprises de moins de 50 salariés peuvent, dans certaines circonstances, invoquer une difficulté excessive prévue par le dispositif fédéral.
En revanche, contrairement aux modèles allemand, irlandais ou italien, le droit fédéral américain ne rend pas systématiquement ce temps rémunéré. Le département du Travail précise qu’une pause consacrée au tirage du lait n’est généralement pas payée lorsque la salariée est totalement libérée de ses obligations professionnelles. Elle doit cependant être rémunérée si elle continue à travailler pendant ce temps ou lorsqu’elle utilise une pause que l’entreprise rémunère déjà pour les autres salariés. Des États ou collectivités peuvent ajouter des protections plus favorables.
Les données anglaises montrent, de leur côté, pourquoi les conditions de reprise intéressent directement les politiques RH. D'après l’Infant Feeding Survey 2024, 36% des mères interrogées qui prévoyaient de reprendre un emploi déclaraient envisager d’arrêter ou de réduire l’allaitement à leur retour au travail. Cette phase concernait des bébés âgés de 8 à 10 mois et les résultats portent sur l’Angleterre : ils ne peuvent donc pas être transposés directement à la population française.
La même enquête apporte un éclairage sur l’environnement de l’entreprise. Parmi 722 mères en emploi interrogées en phase 3, 32% déclaraient que leur employeur disposait d'installations pour tirer et conserver le lait ou pour allaiter. 27% répondaient que ces installations n’existaient pas, et 41% ne savaient pas si elles étaient disponibles. Sur un autre échantillon de 726 mères en emploi, 51% signalaient l’existence d’horaires flexibles, 42% la possibilité de travailler à temps partiel et seulement 13% des pauses plus longues ou étendues, catégorie susceptible d’inclure le temps destiné à tirer son lait ou à allaiter. Ces données ne tranchent pas le débat français, mais elles documentent précisément les dimensions sur lesquelles portent les propositions actuelles : temps rémunéré, local, souplesse d’organisation et articulation entre l’emploi et les besoins du bébé.
En revanche, contrairement aux modèles allemand, irlandais ou italien, le droit fédéral américain ne rend pas systématiquement ce temps rémunéré. Le département du Travail précise qu’une pause consacrée au tirage du lait n’est généralement pas payée lorsque la salariée est totalement libérée de ses obligations professionnelles. Elle doit cependant être rémunérée si elle continue à travailler pendant ce temps ou lorsqu’elle utilise une pause que l’entreprise rémunère déjà pour les autres salariés. Des États ou collectivités peuvent ajouter des protections plus favorables.
Les données anglaises montrent, de leur côté, pourquoi les conditions de reprise intéressent directement les politiques RH. D'après l’Infant Feeding Survey 2024, 36% des mères interrogées qui prévoyaient de reprendre un emploi déclaraient envisager d’arrêter ou de réduire l’allaitement à leur retour au travail. Cette phase concernait des bébés âgés de 8 à 10 mois et les résultats portent sur l’Angleterre : ils ne peuvent donc pas être transposés directement à la population française.
La même enquête apporte un éclairage sur l’environnement de l’entreprise. Parmi 722 mères en emploi interrogées en phase 3, 32% déclaraient que leur employeur disposait d'installations pour tirer et conserver le lait ou pour allaiter. 27% répondaient que ces installations n’existaient pas, et 41% ne savaient pas si elles étaient disponibles. Sur un autre échantillon de 726 mères en emploi, 51% signalaient l’existence d’horaires flexibles, 42% la possibilité de travailler à temps partiel et seulement 13% des pauses plus longues ou étendues, catégorie susceptible d’inclure le temps destiné à tirer son lait ou à allaiter. Ces données ne tranchent pas le débat français, mais elles documentent précisément les dimensions sur lesquelles portent les propositions actuelles : temps rémunéré, local, souplesse d’organisation et articulation entre l’emploi et les besoins du bébé.

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