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Six actifs sur 10 ont déjà quitté ou pensé à quitter un emploi par manque de sens



Mardi 28 Juin 2022 - 08:40

Depuis que le Covid-19 a commencé, la question du sens du travail est revenue sur le devant de la scène. Selon un sondage Opinion Way pour l’Anact réalisé à l’occasion de l’édition 2022 de la Semaine pour la qualité de vie au travail, 60% des actifs ont déjà quitté ou pensé à quitter un emploi par manque de sens.


28% des actifs ont déjà démissionné d’un poste qui n’avait de sens à leurs yeux

Si la rémunération joue toujours un rôle important pour les salariés, aujourd’hui ces derniers veulent aussi que leur travail ait du sens. Selon un sondage Opinion Way pour l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact), 21% des actifs s’interrogent plus qu’avant la crise sanitaire sur le sens de leur travail. Parmi les moins de 35 ans, cette proportion culmine même à 31%. Les salariés du public (24%) et les managers (26%) sont également plus nombreux, par rapport à la moyenne, à s’interroger sur le sens de leur travail.

Le sondage nous apprend aussi que certains salariés n’hésitent pas à démissionner lorsqu’ils estiment que leur travail actuel n’a pas de sens : 28% des actifs l’ont déjà fait, et 32% y songent. Les femmes sont particulièrement nombreuses à avoir démissionné face à une telle situation (32%), tandis que les catégories qui y ont songé le plus souvent sont les moins de 35 ans (39%) et les CSP+ (36%).

1 actif sur 3 déclare ressentir un manque de reconnaissance de la part de ses encadrants

Toujours d’après ce sondage, un certain nombre d’actifs expriment un écart entre ce qu’ils attendraient d’un travail « qui a du sens » et leur travail actuel. Ils déplorent notamment une rémunération insuffisante (34%) et un manque de reconnaissance (32% des actifs). Ils souhaiteraient pouvoir davantage s’épanouir et progresser dans leur carrière (31%) mais aussi s’exprimer et faire des propositions sur leur travail (23%). Ils aspirent à des pratiques managériales plus en accord avec leurs valeurs (32%), un travail réalisé dans de meilleures conditions (24%) mais aussi un impact positif de leur travail en matière d’écologie (36%).

Le tableau n’est pas noir pour autant. D’après le même sondage, plus de 8 actifs sur 10 estiment aujourd’hui que leur travail a du sens (39% « tout à fait » et 45% « plutôt »). Questionnées sur ce qui contribue à donner du sens au travail, les personnes interrogées disent que c’est le sentiment d’utilité d’un métier (qu’il s’agisse de se sentir utile à la société, à la population, aux bénéficiaires/clients ou à l’entreprise), la concordance entre valeurs personnelles et professionnelles et la capacité du travail à contribuer au développement de chacun (possibilité de s’exprimer au travail, d’apprendre, de progresser, et d’évoluer professionnellement…).


Anton Kunin