managementhebdo

La Poste condamnée pour harcèlement sexuel et moral



Vendredi 18 Mai 2018 - 11:48

Le groupe La Poste a été lourdement condamné par le Conseil de prud'hommes de Paris pour harcèlement sexuel et moral d'une employée par l'un de ses supérieurs hiérarchiques.


Une employée de La Poste harcelée pendant des années par un supérieur

Pendant 14 ans, une employée de La Poste affirme avoir été victime de harcèlement sexuel et de tentatives de viol de la part de son supérieur. La salariée accuse son employeur d’avoir protégé le suspect, qui est parti en retraite sans être inquiété. Le Conseil de prud'hommes de Paris l'a suivie, en condamnant lourdement le groupe La Poste. 

Ainsi, le groupe La Poste a été condamné à verser au total plus de 126.000 euros à la victime, dont 30.000 euros pour harcèlement sexuel, 25.000 euros pour harcèlement moral et 10.000 euros pour non respect de l'obligation de sécurité de l'employeur. En outre, le tribunal a également prononcé la résiliation judiciaire de son contrat aux torts de La Poste, et à l'affichage du jugement dans tous les établissements du groupe.

Deux tentatives de viol

Dès son embauche, à 19 ans, en 2001, alors qu'il s'agit de son premier emploi, cet homme, raconte-t-elle, lui a fait subir des gestes déplacés, des agressions sexuelles et deux tentatives de viol. De peur de perdre son emploi, elle ne révélera sa situation qu’en mars 2015 au syndicat SUD-PTT qui alerte alors la direction. Une attente de quatorze ans donc. Au final, l'homme part tout de même à la retraite sans être inquiété. Mais cela pourrait bien changer. En effet, comme une bonne nouvelle n'arrive jamais seule : ce jeudi 18 mai, la police a convoqué la jeune femme au sujet de sa plainte au pénal pour harcèlement sexuel contre son agresseur, déposée en 2016, pour la période échappant à la prescription. 

Pour rappel, près d’une femme sur trois (32 %), en France, dit avoir été victime d’une forme de harcèlement sexuel au cours de sa carrière, selon un sondage IFOP pour le site VieHealthy.com, publié mercredi 28 février 2018. Les formes verbales ou visuelles de harcèlement sont les atteintes les plus répandues, à commencer par les sifflements, gestes ou commentaires grossiers (34 % des femmes interrogées disent en avoir été victimes au moins une fois), suivis des remarques gênantes sur la tenue ou le physique (27 %). 


Marie-Eve JAMIN