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L'État veut éviter le « naufrage »



Dimanche 5 Avril 2020 - 17:18

L'État veut absolument éviter un « naufrage » de l'économie en raison du coronavirus, a réitéré Bruno Le Maire. Le gouvernement va mettre sur la table les moyens financiers nécessaires, « aussi longtemps que la crise durera ».


20 milliards d'euros garantis

Dans un entretien au Journal du Dimanche, le ministre de l'Économie a fait le point sur la situation économique de la France plongée dans la crise du coronavirus, avec des mesures de confinement qui font tourner l'activité est au ralenti. Il défend les mesures de soutien prises dès le début de l'épidémie : « Je préfère que nous nous endettions aujourd'hui, en évitant un naufrage, plutôt que laisser détruire des pans entiers de notre économie ». L'État a ainsi garanti 20 milliards d'euros de prêts en huit jours. Ce sont plus de 100.000 entreprises qui ont demandé cette aide, qui pourra atteindre 300 milliards d'euros. Un montant de prêts qui représente 15% du PIB du pays.

Par ailleurs, 450.000 entreprises ont sollicité le fonds de solidarité. Les petites structures qui ont subi une baisse d'au moins 50% de leur chiffre d'affaires recevront dès ce lundi 1.500 euros maximum d'indemnisation. Une aide pouvant aller jusqu'à 2.000 euros pourra être octroyée pour les entreprises menacées de faillite. 5 millions de salariés bénéficient en outre du dispositif de chômage partiel. Ces mesures seront « réabondées autant que nécessaire », assure Bruno Le Maire.

Pas de dividendes pour les entreprises aidées par l'État

Les grandes entreprises qui font appel aux aides de l'État pour leur trésorerie ne devront pas verser de dividendes à leurs actionnaires, a-t-il encore répété. Les autres entreprises sont invitées à réduire d'un tiers le versement de dividendes en 2020. Les grands groupes en difficulté pourront bénéficier d'aides personnalisées. Le ministre a ainsi transmis à l'exécutif « une liste d'une vingtaine d'entreprises stratégiques fragilisées et des solutions pour les aider : garanties de prêts, montée au capital, recapitalisation, et, en dernier ressort, nationalisation ».

Quant au financement de toutes ces mesures, il est assuré par la dette. La France n'a aucune difficulté à lever de l'argent sur les marchés financiers. « Nos taux d'intérêt restent à des niveaux raisonnables », relève-t-il. Bruno Le Maire appelle cependant à la mise en place d'un plan de relance, « aux niveaux national et européen », pour redémarrer la machine « au plus vite ».


Olivier Sancerre

Tags : coronavirus