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Gérald Darmanin : pas de hausse des impôts pour financer les mesures de soutien à l'économie



Samedi 4 Avril 2020 - 19:45

S'il n'est pas encore temps de parler de la « reconstruction » de l'économie française, Gérald Darmanin a commencé à évoquer l'après-confinement.


Comptes publics détériorés

Dans une interview à Ouest France, le ministre de l'Action et des Comptes publics a défendu la suppression de l'impôt sur la fortune, qu'une partie de l'opposition voudrait rétablir pour redresser les comptes publics. « La politique économique mise en place par le gouvernement portait ses fruits avec une baisse du chômage dans toutes les catégories et sur tout le territoire, une croissance supérieure à celle de nos voisins. Il faut pouvoir encourager les initiatives, les investissements », explique Gérald Darmanin. Il prévient toutefois qu'il faudra « sans doute » vivre pendant un certain temps avec des comptes publics « détériorés ». Mais la sortie de la crise sanitaire ne passera pas par une augmentation de la fiscalité, assure-t-il.

Les dispositifs mis en place par le gouvernement pour aider les entreprises à traverser la tempête du coronavirus, du chômage partiel au report des échéances fiscales et sociales, est financé « par la dette ». Gérald Darmanin se réjouit que les finances publiques soient « saines » : « les efforts faits depuis 2017 nous permettent d’avoir des reins plus solides pour emprunter ». La signature de la France donne confiance aux marchés financiers, ce qui permet au pays d'emprunter à des taux plus bas que d'autres.

Les échéances d'avril reportées

Les caisses publiques continuent de recevoir des recettes de TVA et d'impôt sur le revenu, tandis que certaines entreprises font « preuve de solidarité » : grâce à leur trésorerie, elles peuvent toujours payer les charges et les impôts qu'elles pourraient reporter. Pour ce qui concerne une éventuelle annulation complète des charges, le ministre indique qu'il est encore trop tôt pour en débattre et rappelle que « ces recettes sont essentielles pour financer les retraites, les hôpitaux, les prestations sociales ».

En mars, 32.000 entreprises de moins de 50 salariés ont reporté le paiement des impôts, et 530.000 d'entre elles ont demandé un report des charges sociales. Cela représente respectivement 2 et 3,6 milliards d'euros qui n'ont pas été récupérés par Bercy. Les entreprises auront également la possibilité de reporter les échéances fiscales et sociales du mois d'avril. Enfin, le dispositif de chômage partiel pourrait être prolongé au-delà de deux mois si les mesures de confinement l'exigeaient. 8,5 milliards d'euros ont été provisionnés pour le chômage partiel.


Olivier Sancerre

Tags : impôts