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Nokia va supprimer un tiers de ses effectifs en France



Mardi 23 Juin 2020 - 08:53

Nokia va tailler dans ses effectifs dans l'Hexagone. Le groupe a annoncé la suppression de 1.233 emplois, soit un tiers des effectifs au sein de la filiale France de l'entreprise.


1.233 postes supprimés

L'équipementier finlandais a dévoilé aux instances représentatives du personnel de Nokia France, ex Alcatel-Lucent, un plan d'économies visant à la suppression de 1.233 postes. La recherche et développement ainsi que les fonctions centrales sur les sites de Paris-Saclay et de Lannion seront les principaux touchés. En revanche, les trois filiales françaises — Radio Frequency Systems (RFS), Nokia Bell Labs France (NBLF) et Alcatel Submarine Networks (ASN) — ne sont pas concernées par ces suppressions de postes. Ces suppressions de postes s'inscrivent dans un programme d'économies plus large « dans un contexte de marché où la pression sur les coûts demeure très importante », explique l'entreprise de télécoms.

En 2016, Nokia prenait le contrôle d'Alcatel-Lucent, avec à la clé 4.200 employés en France. Pour emporter le marché, le groupe s'était engagé à maintenir les effectifs dans le pays pour une durée de deux ans, et à augmenter de 25% les personnels en R&D, puis de les préserver pour quatre ans. Si Nokia a respecté ses promesses, l'entreprise a aussi multiplié les plans de réduction des effectifs : trois en trois ans. Nokia France emploie actuellement 3.800 postes en prenant en compte les dernières suppressions.

Les difficultés de Nokia

Selon les syndicats, il n'y aurait aucune difficulté économique au sein de la R&D et le travail n'a pas cessé durant le confinement, d'où l'incompréhension. Cette nouvelle réduction de la voilure confirme les difficultés globales de Nokia qui, malgré la 5G, ne parvient pas à redresser la barre. L'entreprise a accumulé un retard technique dommageable, notamment face à Ericsson et Huawei.

Pourtant, Nokia a clairement une carte à jouer alors que le déploiement des nouveaux réseaux 5G est en cours partout dans le monde. Et alors que Huawei, numéro un mondial, est placé sur les listes noires de nombreux pays en raison de sa proximité avec Pékin. En Europe, les équipements de Nokia sont souvent choisis, mais c'est insuffisant pour jouer à armes égales avec une concurrence plus affûtée.


Olivier Sancerre

Tags : nokia

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