Fonderie de Bretagne : une dépendance historique au constructeur Renault
Le 15 octobre 2026, le tribunal de commerce de Lorient a prononcé la liquidation judiciaire de la Fonderie de Bretagne, faute de repreneur. À Caudan, dans le Morbihan, cette décision met fin à une longue histoire industrielle. Les 244 salariés concernés voient disparaître leur entreprise après plusieurs années d'incertitude. Cette fermeture intervient à peine plus d'un an après la reprise par Europlasma. Ce nouvel actionnaire promettait de diversifier la production vers la défense et de réduire la dépendance au secteur automobile. Pourtant, ni la succession des propriétaires, ni les soutiens financiers, ni les projets de reconversion n'auront permis d'établir un modèle économique durable.
L'histoire de l'usine commence en 1966, lorsque Renault crée ce site spécialisé dans les pièces automobiles en fonte. La Fonderie de Bretagne devient progressivement un maillon important de sa chaîne d'approvisionnement. Cette relation commerciale constitue longtemps un atout, mais elle expose aussi l'entreprise aux décisions d'un donneur d'ordre dominant.
Les changements d'actionnaires se succèdent. Renault cède l'établissement à Teksid-Fiat en 1999, avant son passage sous le contrôle du groupe Zen en 2006. Après les difficultés de ce dernier, le constructeur français reprend la fonderie en 2009. Le modèle reste néanmoins largement tributaire des commandes automobiles.
Un premier tournant survient en 2018. Un violent incendie immobilise les installations et oblige Renault à transférer certaines fabrications vers une usine Nissan en Espagne. Malgré une modernisation du site et le redémarrage des équipements en 2019, les volumes transférés ne reviennent pas intégralement. L'entreprise perd alors une partie de son activité historique.
En 2021, Renault décide de se désengager dans le cadre d'un programme d'économies de 2 milliards d'euros sur trois ans. La fonderie est vendue au fonds allemand Callista en 2022. Une nouvelle reprise envisagée par Private Assets échoue ensuite, sur fond de désaccord concernant les engagements de commandes. Pour les représentants syndicaux, cette absence de visibilité commerciale contribue directement à fragiliser l'entreprise.
L'histoire de l'usine commence en 1966, lorsque Renault crée ce site spécialisé dans les pièces automobiles en fonte. La Fonderie de Bretagne devient progressivement un maillon important de sa chaîne d'approvisionnement. Cette relation commerciale constitue longtemps un atout, mais elle expose aussi l'entreprise aux décisions d'un donneur d'ordre dominant.
Les changements d'actionnaires se succèdent. Renault cède l'établissement à Teksid-Fiat en 1999, avant son passage sous le contrôle du groupe Zen en 2006. Après les difficultés de ce dernier, le constructeur français reprend la fonderie en 2009. Le modèle reste néanmoins largement tributaire des commandes automobiles.
Un premier tournant survient en 2018. Un violent incendie immobilise les installations et oblige Renault à transférer certaines fabrications vers une usine Nissan en Espagne. Malgré une modernisation du site et le redémarrage des équipements en 2019, les volumes transférés ne reviennent pas intégralement. L'entreprise perd alors une partie de son activité historique.
En 2021, Renault décide de se désengager dans le cadre d'un programme d'économies de 2 milliards d'euros sur trois ans. La fonderie est vendue au fonds allemand Callista en 2022. Une nouvelle reprise envisagée par Private Assets échoue ensuite, sur fond de désaccord concernant les engagements de commandes. Pour les représentants syndicaux, cette absence de visibilité commerciale contribue directement à fragiliser l'entreprise.
De l'automobile à la défense : les ambitions contrariées d'Europlasma
Au printemps 2025, Europlasma reprend la Fonderie de Bretagne avec une stratégie de diversification ambitieuse. Le groupe entend utiliser les installations pour produire des composants de munitions, tout en maintenant une activité automobile. L'objectif est de trouver de nouveaux débouchés dans une industrie de défense portée par une demande croissante.
Les annonces sont importantes. Le dirigeant d'Europlasma évoque une capacité de production de 250.000 obus en 2025, puis de 500.000 en 2026. Ces volumes constituent toutefois des objectifs, et non des commandes effectivement réalisées. Leur concrétisation suppose des investissements, des adaptations techniques et des marchés commerciaux suffisamment solides.
Le montage financier doit accompagner cette transformation. Europlasma s'engage à investir 15 millions d'euros sur trois ans, avec un prêt public annoncé de 7 millions d'euros. Renault doit également participer au financement. Mais les salariés constatent rapidement les difficultés de mise en œuvre du projet, tandis que les commandes attendues ne se matérialisent pas au rythme espéré.
La situation se dégrade davantage lorsque le directeur général du site, Jérôme Dupont, exprime des inquiétudes concernant le paiement des salaires à l'automne 2025. Le comité social et économique exerce son droit d'alerte. Puis un nouvel incendie, survenu le 20 janvier 2026, interrompt la production pendant environ six mois. La trésorerie et la capacité de redressement en subissent les conséquences.
Les annonces sont importantes. Le dirigeant d'Europlasma évoque une capacité de production de 250.000 obus en 2025, puis de 500.000 en 2026. Ces volumes constituent toutefois des objectifs, et non des commandes effectivement réalisées. Leur concrétisation suppose des investissements, des adaptations techniques et des marchés commerciaux suffisamment solides.
Le montage financier doit accompagner cette transformation. Europlasma s'engage à investir 15 millions d'euros sur trois ans, avec un prêt public annoncé de 7 millions d'euros. Renault doit également participer au financement. Mais les salariés constatent rapidement les difficultés de mise en œuvre du projet, tandis que les commandes attendues ne se matérialisent pas au rythme espéré.
La situation se dégrade davantage lorsque le directeur général du site, Jérôme Dupont, exprime des inquiétudes concernant le paiement des salaires à l'automne 2025. Le comité social et économique exerce son droit d'alerte. Puis un nouvel incendie, survenu le 20 janvier 2026, interrompt la production pendant environ six mois. La trésorerie et la capacité de redressement en subissent les conséquences.
Fonderie de Bretagne : des pertes financières et aucun repreneur
Les derniers comptes disponibles permettent de mesurer l'ampleur des difficultés. Sur le premier semestre 2026, FDB Industries réalise seulement 2,178 millions d'euros de chiffre d'affaires, pour un EBITDA négatif de 8,737 millions d'euros. L'arrêt prolongé des installations, associé au maintien des coûts fixes, pèse lourdement sur l'équilibre économique.
Le même jour, Europlasma apporte des précisions sur les financements de la reprise. Renault devait contribuer à hauteur de 25,8 millions d'euros dans une fiducie mobilisable sous conditions. Une première tranche de 10 millions d'euros avait été débloquée en 2025, dont 5 millions destinés au fonctionnement et autant aux investissements. Sur cette enveloppe d'investissement, 2,2 millions d'euros avaient été réalisés au 31 décembre 2025.
Mais les ressources financières ne suffisent pas à compenser la faiblesse de l'activité. FDB Industries est placée en redressement judiciaire le 3 juillet 2026. Malgré plusieurs manifestations d'intérêt, aucun candidat ne présente finalement une offre ferme et viable. « Notre chiffre d'affaires et notre volume de commande étaient trop bas pour intéresser un candidat », déplore Maël Le Goff, représentant CGT, cité par Le Monde.
Le naufrage intervient alors que la maison mère traverse elle-même une période difficile. Europlasma annonce un chiffre d'affaires consolidé de 22,3 millions d'euros et une perte nette de 29,2 millions d'euros sur le premier semestre 2026. Le groupe reconnaît des tensions de trésorerie et engage une restructuration. Les Forges de Tarbes, autre entreprise de son portefeuille, sont à leur tour placées en redressement judiciaire le 26 octobre 2026.
Le même jour, Europlasma apporte des précisions sur les financements de la reprise. Renault devait contribuer à hauteur de 25,8 millions d'euros dans une fiducie mobilisable sous conditions. Une première tranche de 10 millions d'euros avait été débloquée en 2025, dont 5 millions destinés au fonctionnement et autant aux investissements. Sur cette enveloppe d'investissement, 2,2 millions d'euros avaient été réalisés au 31 décembre 2025.
Mais les ressources financières ne suffisent pas à compenser la faiblesse de l'activité. FDB Industries est placée en redressement judiciaire le 3 juillet 2026. Malgré plusieurs manifestations d'intérêt, aucun candidat ne présente finalement une offre ferme et viable. « Notre chiffre d'affaires et notre volume de commande étaient trop bas pour intéresser un candidat », déplore Maël Le Goff, représentant CGT, cité par Le Monde.
Le naufrage intervient alors que la maison mère traverse elle-même une période difficile. Europlasma annonce un chiffre d'affaires consolidé de 22,3 millions d'euros et une perte nette de 29,2 millions d'euros sur le premier semestre 2026. Le groupe reconnaît des tensions de trésorerie et engage une restructuration. Les Forges de Tarbes, autre entreprise de son portefeuille, sont à leur tour placées en redressement judiciaire le 26 octobre 2026.
Industrie automobile : préserver les emplois et les compétences après la liquidation
Au-delà des comptes, la disparition de la Fonderie de Bretagne pose une question majeure de gestion des ressources humaines. Les compétences accumulées dans la métallurgie, la maintenance, la qualité et la production ne se reconstituent pas rapidement. Cette liquidation fragilise des parcours professionnels souvent construits sur plusieurs décennies, dans un bassin d'emploi historiquement lié à l'industrie.
Les représentants syndicaux demandent des mesures d'accompagnement renforcées. La CGT met notamment en cause les choix stratégiques de Renault et l'action des pouvoirs publics. De son côté, le gouvernement affirme avoir recherché des solutions de reprise et proposé des soutiens financiers. Ces positions illustrent des désaccords persistants sur les responsabilités de la fermeture.
Les organisations patronales régionales s'inquiètent également. Stéphane Deschamps, président de l'UIMM Bretagne, considère que la disparition de l'entreprise dépasse son seul cas particulier. Il évoque notamment la concurrence internationale, les coûts énergétiques, les besoins d'investissement et les mutations technologiques de l'automobile électrique.
Pour les salariés, l'enjeu immédiat concerne désormais le plan de sauvegarde de l'emploi, les possibilités de reclassement et les perspectives de reconversion. L'UIMM appelle à mobiliser les entreprises locales, les collectivités et les services de l'État pour préserver les savoir-faire. Reste à transformer ces intentions en dispositifs accessibles aux anciens fondeurs, dont les qualifications, les contraintes personnelles et les perspectives professionnelles diffèrent considérablement.
Les représentants syndicaux demandent des mesures d'accompagnement renforcées. La CGT met notamment en cause les choix stratégiques de Renault et l'action des pouvoirs publics. De son côté, le gouvernement affirme avoir recherché des solutions de reprise et proposé des soutiens financiers. Ces positions illustrent des désaccords persistants sur les responsabilités de la fermeture.
Les organisations patronales régionales s'inquiètent également. Stéphane Deschamps, président de l'UIMM Bretagne, considère que la disparition de l'entreprise dépasse son seul cas particulier. Il évoque notamment la concurrence internationale, les coûts énergétiques, les besoins d'investissement et les mutations technologiques de l'automobile électrique.
Pour les salariés, l'enjeu immédiat concerne désormais le plan de sauvegarde de l'emploi, les possibilités de reclassement et les perspectives de reconversion. L'UIMM appelle à mobiliser les entreprises locales, les collectivités et les services de l'État pour préserver les savoir-faire. Reste à transformer ces intentions en dispositifs accessibles aux anciens fondeurs, dont les qualifications, les contraintes personnelles et les perspectives professionnelles diffèrent considérablement.

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