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Voyages professionnels : les moins de 35 ans privilégient le face-à-face



Vendredi 17 Juillet 2026 - 16:47

Contrairement à une idée largement répandue selon laquelle les jeunes générations privilégieraient les échanges numériques, une étude CSA réalisée pour Navan révèle qu'elles accordent une importance croissante aux voyages professionnels. Pour les moins de 35 ans, les rencontres en présentiel restent un puissant levier de collaboration, d'apprentissage et de culture d'entreprise.


Les voyages et les déplacements professionnels restent un pilier de la collaboration

À rebours des discours annonçant la fin des déplacements d'affaires sous l'effet du télétravail et des outils collaboratifs, les jeunes salariés apprécient les rencontres en face-à-face, peut-on lire dans une enquête Navan réalisée par l'institut CSA auprès de 809 actifs français. Plus largement, ils dessinent une évolution des usages qui interpelle directement les responsables des ressources humaines et les dirigeants d'entreprise.

Toujours d'après cette étude, 71% des actifs considèrent que les rencontres en face-à-face constituent un élément essentiel ou important de leur activité professionnelle. Dans les faits, plus d'un salarié sur deux, soit 51%, a effectué au moins un voyage d'affaires au cours des douze derniers mois. L'analyse générationnelle réserve toutefois plusieurs surprises. Les moins de 35 ans apparaissent comme les salariés les plus mobiles : 64% d'entre eux ont réalisé un déplacement professionnel durant l'année écoulée, contre seulement 38% des actifs âgés de 50 ans ou plus. Loin de considérer ces voyages comme une contrainte, ils y voient un véritable investissement dans leur parcours professionnel.

L'idée selon laquelle les jeunes générations préféreraient systématiquement les échanges à distance est également remise en question. Pas moins de 86% des moins de 35 ans estiment que les déplacements professionnels permettent de renforcer les relations de travail et la culture d'entreprise. Cette proportion tombe à 64% chez les salariés les plus âgés.

Le constat est similaire concernant le développement des compétences. Selon l'étude, 84% des jeunes actifs jugent que les voyages professionnels favorisent l'apprentissage et l'acquisition de nouvelles compétences, contre 66% des plus de 50 ans. Les rencontres physiques apparaissent ainsi comme un complément indispensable aux outils numériques.

Pour Zahir Abdelouhab, Senior Vice President EMEA chez Navan, cette évolution est loin d'être paradoxale. « Le constat le plus marquant de cette étude, c'est que les jeunes actifs accordent une immense valeur aux rencontres en personne. Le monde professionnel reposera toujours sur le contact humain », explique-t-il. Le dirigeant ajoute que l'intelligence artificielle renforce même cette tendance en libérant du temps pour les interactions humaines plutôt qu'en les remplaçant.

Les voyages favorisent une nouvelle manière de travailler grâce aux déplacements

Les résultats de l'étude montrent également que les jeunes actifs ne vivent plus les voyages professionnels selon les codes traditionnels. Ils cherchent davantage à concilier efficacité professionnelle, qualité de vie et découverte. Le phénomène du « bleisure », qui consiste à prolonger un déplacement d'affaires par quelques jours de loisirs, illustre parfaitement cette évolution. Parmi les salariés qui voyagent pour le travail, 65% des moins de 35 ans déclarent pratiquer régulièrement ou occasionnellement cette formule, contre seulement 24% des 50 ans ou plus. Mieux encore, 77% des jeunes interrogés indiquent qu'ils seraient prêts à adopter cette pratique si l'occasion se présentait.

Les habitudes d'hébergement évoluent elles aussi. Si l'hôtel demeure la solution privilégiée par 42% des actifs et 45% des voyageurs réguliers, les jeunes générations recourent davantage aux plateformes de location de logements pour les séjours de plusieurs jours. Cette préférence concerne 18% des moins de 35 ans, contre 14% de l'ensemble des professionnels.

Les motivations de déplacement restent néanmoins très orientées vers les échanges humains. Toutes générations confondues, les salons professionnels représentent la première raison de voyager, cités par 44% des répondants. Les séminaires et événements d'équipe arrivent en deuxième position avec 38%, confirmant que les entreprises continuent de miser sur les rencontres collectives pour renforcer la cohésion.

Voyages, transports et déplacements : des attentes différentes selon les générations

L'étude met également en lumière des différences marquées dans les comportements de mobilité. À coût et durée équivalents, le train reste globalement préféré à l'avion. Toutefois, cette préférence est plus prononcée chez les professionnels de 50 ans ou plus, dont 60% choisissent le rail, contre 52% chez les moins de 35 ans.

Les jeunes actifs ne privilégient pas uniquement la rapidité des déplacements. Ils recherchent également davantage de flexibilité. Lorsqu'ils organisent un voyage professionnel, 46% d'entre eux considèrent les billets modifiables comme un critère essentiel, contre 39% des salariés les plus âgés.

La possibilité de rester productif pendant les trajets constitue également un facteur différenciant. Près de 39% des moins de 35 ans choisissent leur mode de transport en fonction de leur capacité à travailler durant le voyage, alors que cette préoccupation ne concerne que 28% des plus de 50 ans.

Les priorités évoluent aussi lorsqu'il s'agit d'arbitrer entre confort et efficacité. Globalement, 52% des voyageurs privilégient le gain de temps, tandis que 40% préfèrent davantage de confort, quitte à rallonger leur trajet. Chez les cadres et les salariés expérimentés, la rapidité demeure le critère dominant.

Les déplacements professionnels deviennent un enjeu de management

Au-delà de la mobilité elle-même, l'étude apporte plusieurs enseignements utiles aux directions des ressources humaines. Si 68% des actifs estiment que l'organisation d'un déplacement professionnel ne présente pas de difficulté particulière, plus d'un salarié sur cinq juge encore cette démarche complexe. Les outils numériques semblent toutefois améliorer sensiblement l'expérience : 75% des répondants considèrent qu'ils facilitent tout ou partie de l'organisation des voyages, une proportion qui atteint 82% chez les voyageurs réguliers.

Les difficultés rencontrées diffèrent selon les générations. Les moins de 35 ans citent principalement la gestion des notes de frais, évoquée par 41% d'entre eux. Ils sont également plus nombreux à pointer les lenteurs administratives liées aux validations internes ou aux modifications de réservation.

À l'inverse, les salariés de 50 ans ou plus redoutent davantage les aléas opérationnels. Pour 44% d'entre eux, les retards, les annulations ou les imprévus dans les transports constituent la principale source de stress lors d'un déplacement professionnel.

Ces résultats rappellent que les politiques de voyages ne relèvent plus uniquement de la logistique. Elles participent désormais pleinement à la stratégie de management, à l'attractivité des entreprises et au maintien d'une culture d'entreprise forte dans un environnement où le travail hybride s'est durablement installé.


Anton Kunin







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